Nerfs du clitoris, “point G” du pénis : de nouvelles études font la lumière sur nos organes génitaux
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- il y a 2 jours
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Des travaux de recherche récents révèlent à quel point le clitoris et le delta frénulaire du pénis sont innervés. Ils pourraient contribuer à revoir la façon dont la chirurgie appréhende les organes génitaux.

Le réseau 3D complet des nerfs clitoridiens vient d’être cartographié, et c’est une première. Il faut dire que le clitoris est l’un des organes du corps humain le moins étudiés, les premiers travaux décrivant clairement son anatomie ne datant que de 1998.
“Outre qu’elle révèle l’étendue des nerfs qui sont essentiels à l’orgasme, cette étude montre que certaines choses que l’on apprend sur l’anatomie du clitoris pendant les études de médecine sont fausses. Elle pourrait éviter que les femmes ayant subi une opération dans la zone pelvienne ne se retrouvent avec des fonctions sexuelles altérées”, rapporte The Guardian.
Pour cette cartographie – qui n’est pas encore passée par l’étape de relecture par des pairs mais est disponible sur la plateforme BioRxiv – Ju Young Lee, chercheuse associée au centre médical universitaire d’Amsterdam, aux Pays-Bas, et ses collègues ont exploité l’imagerie par rayons X à haute énergie pour obtenir des scans 3D extrêmement précis de deux bassins féminins obtenus dans le cadre d’un programme de don d’organes.
“Ces données uniques révèlent la complexité de la trajectoire du nerf dorsal, le principal nerf sensoriel du clitoris”, écrivent les auteurs de l’étude. Elles montrent en particulier le parcours en forme d’arbre des cinq nerfs ramifiés traversant le clitoris, avec un niveau de détail sans précédent, le plus large mesurant 0,7 millimètre.
Un domaine “délibérément négligé”
Certaines branches atteignent le mont de Vénus, la zone charnue au-dessus de l’os pubien. D’autres innervent le capuchon clitoridien, qui recouvre la petite partie externe et sensible du clitoris – le gland –, qui ne représente que 10 % de l’organe. D’autres encore aboutissent dans les replis cutanés de la vulve, les lèvres.
Les auteurs assurent que leurs résultats auront des effets immédiats sur les opérations pratiquées dans la zone de la vulve, en particulier la chirurgie reconstructrice après une mutilation génitale ou la chirurgie d’affirmation de genre.
Ces travaux pourraient être prochainement complétés par ceux de l’équipe d’Alfonso Cepeda-Emiliani, de l’université Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne. En septembre, il annonçait, avec ses collègues, dans la revue Anatomy : “Des études de la neuroanatomie vulvaire et clitoridienne sont en cours dans notre laboratoire afin de remédier au déséquilibre qui a longtemps régné dans la recherche. Nous cherchons à donner une voix à ce domaine, à mettre en lumière ce qui a été omis, mal compris, voire délibérément négligé.”
Dans cette publication, l’équipe espagnole présentait elle aussi un niveau de détail sans précédent de l’innervation d’un autre organe génital d’humain, le pénis.
Validation scientifique
Les chercheurs y montraient que le delta frénulaire, sur la face inférieure du prépuce, est une zone à l’innervation unique, ce qui en fait la principale zone érogène de la verge. Il s’agit là encore d’une zone longtemps négligée dans les manuels d’anatomie et la formation chirurgicale, et qui est en partie supprimée lors d’une circoncision.
“Même si cela peut paraître évident à tout personne attentive aux sensations de son pénis pendant l’activité sexuelle, notre travail valide scientifiquement l’existence d’un centre de sensations sexuelles dans la région pénienne ventrale”, indique Alfonso Cepeda-Emiliani à l’hebdomadaire New Scientist.
Sur la base de ces résultats récents, “le delta frénulaire devrait donc être considéré comme le point G du pénis”, relève Eric Chung, de l’université du Queensland en Australie, président de la Société internationale de médecine sexuelle, qui n’a pas participé aux travaux, lesquels devraient encourager les chirurgiens à s’intéresser davantage à cette zone.
En effet, reconnaît Kesley Pedler, chercheuse à l’hôpital de base de Port Macquarie, en Australie, où s’est tenu en juin le 27e Congrès de l’Association mondiale pour la santé sexuelle, “le delta frénulaire n’est pas mentionné dans les manuels d’anatomie chirurgicale d’urologie les plus en vue, même pas dans les éditions les plus récentes”.
Ces travaux sur l’anatomie précise du clitoris et du pénis, ainsi que des nerfs qui les parcourent, devraient contribuer à faire évoluer la façon dont la médecine, et plus largement la société, considère les organes génitaux, souvent perçus comme tabous.



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